jeudi 20 mai 2010

'Enter The Void'




Si la sortie de chaque film de Gaspar Noé se veut être un événement attendu, assister à la projection d'Enter the Void' se mérite, puisque le film est actuellement très peu diffusé. Salle comble, public fébrile, paré à s'en prendre plein la gueule ; du viol sur la droite, une partouze sur la gauche ; il n'en est quasiment rien.
Suivant les derniers jours d'Oscar, jeune dealer expat', on y découvre un Tokyo sous acides, ville néon fluorescente et bouillonante, déformée par une jeunesse paumée par trop de trips de LSD, réinterprétation sous psychotropes de 'Lost in Translation' - la poésie et la subtilité en moins. Paz dela Huerta y interprète sans réelle constance une jeune femme sans repères, dévastée par la mort de son frère.
Mais à trop vouloir pénétrer la lumière, Gaspar Noé s'y est brulé les ailes, et nous livre un film aux longueurs mortifères, et à l'intérêt assez limité. Sans finesse aucune il nous ressert du sexe et du sang sans raisons, réduit pour choquer à filmer une pénétration en pseudo caméra intra-vaginale qui cloture le film sur une touche pathétique et affligeante.

Malgré un fond assez faible 'Enter the Void' n'en demeure pas moins un objet cinématographique surprenant. Usant de plans séquences interminables, panoramas graphiques d'une ville électrique, Gaspar Noé multiple les effets stroboscopiques, hypnotisant le spectateur jusqu'à le conduire vers une transe visuelle mêlée d'images psychédéliques et organiques.

La mode fait son cinéma


Avec A single Man, Tom Ford nous l'a bien montré : les liens entre mode et cinéma sont plus étroits qu'on ne le croit.

De plus en plus, les grandes maisons font appel à des grands réalisateurs pour tourner leurs campagnes publicitaires. Souvenons-nous ... Tout a commencé avec Chanel, qui pour les spots de son parfum phare n°5 a fait appel à Baz Lurhmann, réalisateur du Moulin Rouge, et plus récemment à Jean-Pierre Jeunet qui mettait en scène Audrey Tautou dans un mini-film pour Chanel Parfums. Dior a aussi pris la mouche, avec sa campagne Lady Dior, où on retrouve Marion Cotillard à Paris, New York et Shanghaï dans des courts métrages réalisés par Jonas Akelund, Olivier Dahan et, dernier en date, David Lynch himself.

De grands réalisateurs pour les maisons les plus connues ... Oui, mais la tendance ne s'arrête pas là. De plus en plus, les plus grands designers, peut-être tentés par la réussite d'un Tom Ford très inspiré derrière la caméra, se prètent au jeu.

Il y a quelques jours, Karl Lagerfeld, couturier mythique de Chanel et Fendi, présentait à Saint-Tropez, outre sa collection croisière, un court-métrage sur la ville de Saint-Tropez. Intitulé "Remember Now", Ce film réalisé par le Kaiser lui-même évoque l'esprit de la ville, sous l'oeil électrique du créateur.

Alors, coup de pub ou démarche artistique ... La question est lancée. Mais qui sait, peut-être que les créateurs d'aujourd'hui sont les grands réalisateurs de demain.





Simon