
Si la sortie de chaque film de Gaspar Noé se veut être un événement attendu, assister à la projection d'Enter the Void' se mérite, puisque le film est actuellement très peu diffusé. Salle comble, public fébrile, paré à s'en prendre plein la gueule ; du viol sur la droite, une partouze sur la gauche ; il n'en est quasiment rien.
Suivant les derniers jours d'Oscar, jeune dealer expat', on y découvre un Tokyo sous acides, ville néon fluorescente et bouillonante, déformée par une jeunesse paumée par trop de trips de LSD, réinterprétation sous psychotropes de 'Lost in Translation' - la poésie et la subtilité en moins. Paz dela Huerta y interprète sans réelle constance une jeune femme sans repères, dévastée par la mort de son frère.
Mais à trop vouloir pénétrer la lumière, Gaspar Noé s'y est brulé les ailes, et nous livre un film aux longueurs mortifères, et à l'intérêt assez limité. Sans finesse aucune il nous ressert du sexe et du sang sans raisons, réduit pour choquer à filmer une pénétration en pseudo caméra intra-vaginale qui cloture le film sur une touche pathétique et affligeante.
Malgré un fond assez faible 'Enter the Void' n'en demeure pas moins un objet cinématographique surprenant. Usant de plans séquences interminables, panoramas graphiques d'une ville électrique, Gaspar Noé multiple les effets stroboscopiques, hypnotisant le spectateur jusqu'à le conduire vers une transe visuelle mêlée d'images psychédéliques et organiques.